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Les anciennes pièces de monnaie rejetées avant la date officielle de démonétisation

À N’Djamena, le refus de certaines pièces de monnaie par des commerçants et des transporteurs suscite colère et incompréhension. Alors que la démonétisation est annoncée pour le 1er novembre 2026 par la BEAC, des usagers dénoncent des difficultés de paiement dès octobre.

LLa Rédaction 23 Octobre 2026 3 min de lecture 325 vues
Les anciennes pièces de monnaie rejetées avant la date officielle de démonétisation

La décision de la BEAC de retirer de la circulation certaines anciennes pièces de monnaie, mises en circulation entre 1958 et 1985, commence à provoquer des tensions sur le terrain. Les pièces concernées sont notamment celles de 5, 10, 25, 50, 100 et 500 FCFA appartenant aux anciennes gammes visées par cette mesure.

Cependant, alors que la date officielle de démonétisation n’est pas encore arrivée, des commerçants, des chauffeurs de bus interurbains et des taximen refusent déjà de recevoir certaines de ces pièces. Une situation qui pénalise les détenteurs, contraints parfois de chercher d’autres moyens de paiement pour acheter des produits ou se déplacer.

Pour plusieurs habitants de la capitale, ce refus anticipé est incompréhensible. Ils estiment que tant que les pièces restent officiellement valables, elles devraient être acceptées dans les transactions quotidiennes.

« Nous sommes encore en octobre. Si la date officielle est fixée au 1er novembre, pourquoi refuser notre argent dès maintenant ? », s’interroge Mbaïdjé Josué, un habitant de Moursal.

Une autre citoyenne déplore les difficultés rencontrées dans les transports. « Parfois, nous avons seulement ces pièces pour payer le taxi. Lorsque le chauffeur refuse, nous sommes obligés de chercher de la monnaie ou de trouver une autre solution. », Dékoula Charlotte, une habitante de Kamnda.

Du côté des commerçants, certains justifient leur attitude par la crainte de conserver des pièces qui pourraient bientôt perdre leur valeur. « Nous avons peur de garder ces anciennes pièces et de ne plus pouvoir les utiliser après la date limite. Nous préférons donc les refuser dès maintenant », explique Moussa Abdoulaye, un commerçant.

Dans le secteur des transports, certains chauffeurs avancent également des raisons pratiques. « Nous recevons beaucoup de pièces au cours de la journée. Nous craignons de nous retrouver avec de l’argent difficile à échanger. C’est pourquoi certains chauffeurs hésitent à les accepter », confie Issa Mahamat, un taximan.

Pourtant, selon les informations communiquées dans le texte relatif à cette décision, les détenteurs des pièces concernées devraient bénéficier d’une période d’échange de neuf mois, du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027. Ils pourront alors se rapprocher des banques, des institutions de microfinance habilitées ou des guichets de la BEAC dans les pays membres pour les échanger contre des pièces des gammes de 2006 et de 2024, selon les modalités officielles.

Face à cette situation, la population appelle à une meilleure communication afin d’éviter les refus injustifiés et les conflits dans les marchés et les transports. Les commerçants, de leur côté, souhaitent obtenir des précisions sur les pièces concernées et les procédures d’échange.