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Carte biométrique des enseignants : un outil contre l'absentéisme ?

Le ministre de l'Éducation nationale, Mahamat-Ahmad Alhabo, a remis ce 30 octobre les cartes biométriques des enseignants aux recteurs d'académie. Un pas vers la digitalisation du système éducatif, déjà en proie à plusieurs mauvaises pratiques, dont l'absentéisme.

LLa Rédaction 31 Octobre 2026 3 min de lecture 173 vues
Carte biométrique des enseignants : un outil contre l'absentéisme ?

« La carte professionnelle biométrique que nous introduisons aujourd'hui n'est pas un simple document d'identification. Elle constitue à la fois le symbole de la valorisation de la fonction enseignante et un instrument essentiel de bonne gouvernance administrative », a déclaré le ministre d'État. Pour lui, l'initiative s'inscrit dans la politique du gouvernement et la vision de modernisation impulsée par les plus hautes autorités de la République. « Cette opération marque le véritable point de départ du vaste processus de digitalisation de notre système éducatif », a-t-il affirmé.

La carte devient donc obligatoire. « Le traitement de tous les actes administratifs ainsi que la gestion des dossiers individuels des agents seront désormais strictement conditionnés à la détention de cette carte », a prévenu le ministre.

Il a instruit ses services de rendre « pleinement opérationnel » le logiciel Mirador au sein de la direction des ressources humaines « dans un délai de rigueur d'un mois », soit la fin novembre 2026. Dès sa mise en service, « tous les actes d'affectation, de mutation, de gestion administrative des personnels devront impérativement être traités, générés et archivés » sur cette plateforme, qui deviendra l'outil de référence en matière de gestion des ressources humaines du ministère.

Dans ce cadre, les agents en situation d'abandon de poste, ceux affectés ou détachés dans d'autres départements, les agents décédés et ceux admis à la retraite devront être retirés de la base principale des agents actifs et placés dans une sous-base d'archives.

Le ministre n'a pas parlé d'absentéisme, mais la mesure touche un mal connu. Selon une enquête de la Banque mondiale en 2023, l'absentéisme des enseignants dans les écoles primaires du Tchad atteint en moyenne 29,4 %, soit un enseignant sur quatre absent de l'enceinte de l'école. La même année, le ministre de l'époque, Moussa Kadam, constatait que 33 000 enseignants étaient payés par le ministère, mais que 28 000 seulement étaient effectifs sur le terrain, et que beaucoup quittaient les provinces pour se masser à N'Djamena, ou préféraient servir dans des écoles privées. En décembre 2025, le ministère déplorait encore des retours non autorisés à N'Djamena d'agents affectés en province, parfois avec la complicité de responsables locaux, et interdisait aux fonctionnaires enseignants d'exercer dans le privé. 

Une carte biométrique et une base de données fiable permettent de savoir qui est où, et qui est payé sans enseigner. Il s'agit d'un bon outil qui saura mettre au travail les agents en situation irrégulière. Car pendant que certains enseignants ne sont jamais sur le terrain, des milliers d'élèves attendent. Reste à savoir si les contrôles seront appliqués, si les sanctions suivront et si les conditions de vie en province seront améliorées pour que les enseignants y restent.