Il y a deux ans, certains portaient encore les armes contre l'État. Aujourd'hui, des anciens politico-militaires siègent à l'Assemblée nationale comme députés, d'autres ont rejoint le Gouvernement ou ont été nommés délégués généraux du Gouvernement. C'est l'image la plus parlante de la politique de la main tendue, engagée sous l'impulsion du Chef de l'État.
Plus de 1 200 ex-combattants ont été ralliés et formés dans le cadre du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. Pour que les désaccords ne se règlent plus par la force, le Cadre permanent de dialogue politique (CPDP) offre désormais un lieu de discussion. Neuf leaders politiques ont par ailleurs été graciés et libérés, pour des raisons humanitaires et de cohésion sociale.
Plus de policiers, plus près des habitants
Pour assurer la sécurité au quotidien, les effectifs ont augmenté. Plus de 7 000 jeunes ont été recrutés et formés, dont 1 030 policiers recrutés par concours. Sur le terrain, les structures se multiplient. À N'Djaména, huit commissariats ont été créés, dont six construits, ce qui porte le nombre de commissariats de sécurité publique de 17 à 25. À Abéché, quatre commissariats ont vu le jour, et trois à Bongor. S'y ajoutent 69 brigades urbaines et unités mobiles, certaines déjà déployées, d'autres en cours d'installation.
Depuis un moment, le Centre de recueil et d'enregistrement des données policières est opérationnel. Le Système national de la police de l'immigration et le Centre national des opérations de vidéosurveillance sont en cours de déploiement. Pour former davantage, la Gendarmerie a ouvert deux centres, à Faya et à Amdjarass.
L’armée se dote de nouveaux outils
Du côté des armées, deux créations marquent la période. D'abord « Sahel Défense Industries », une société anonyme qui doit permettre au pays de bâtir une base industrielle et technologique de défense, pour plus d'autonomie. Pas plus tard que le 28 octobre dernier, le Chef de l’Etat avait reçu une délégation du groupe turc Nurol Holding, actif dans l’industrie de la défense. Cette rencontre peut expliquer la recherche de partenaires pour matérialiser cet idéal. Ensuite, le Musée national des Armées, qui aura pour mission de collecter, conserver et valoriser le patrimoine militaire.
Enfin, dans la lutte contre la criminalité, le bilan avancé se compte en chiffres. Des stupéfiants d'une valeur estimée à 73 milliards de francs CFA saisis, des personnes enlevées libérées, 225 véhicules récupérés et 52 réseaux criminels sont démantelés.