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Conflit intercommunautaire : 25 morts, une interdiction de circuler à moto

Ce 31 octobre, le Gouvernement a annoncé un bilan de 25 morts et 22 blessés dans des affrontements entre deux « communautés sœurs » à la frontière du Hadjer-Lamis et du Bahr El Gazel. En réaction, le ministère de la Sécurité interdit la circulation des motos hors des villes dans quatre provinces.

LLa Rédaction 1 Novembre 2026 3 min de lecture 206 vues
Conflit intercommunautaire : 25 morts, une interdiction de circuler à moto

Le 30 octobre, au moins sept personnes ont été tuées à Isné, dans le département de Ngoura, à cause d'un différend récurrent autour d'un puits que deux communautés se disputent. Le même jour, quatre autres sont mortes à Dar-Salam, dit Karbachi, après une querelle autour d'un ouadi. Un éleveur aurait tiré sur la jambe d'un habitant, et les représailles ont suivi, avec des maisons incendiées.

Face à la situation, le ministre de la Sécurité publique n'a pas trouvé mieux que de restreindre le déplacement des paysans. Le 31 octobre, le général Ali Ahmat Aghabach a interdit la circulation des motos hors des zones urbaines dans le Hadjer-Lamis, le Bahr El Gazel, le Batha et le Chari-Baguirmi, jusqu'à nouvel ordre. Bien que le message porté ne donne aucun motif, on peut aisément deviner que l'objectif poursuivi est de freiner la mobilité des groupes qui se déplacent d'un village à un autre pour attaquer.

Dans ces zones, la moto est le moyen de transport du villageois, de l'éleveur, du commerçant, de l'élève. Les paysans qui se battent pour un puits ne sont pas les seuls visés. La décision d'interdire la circulation des motos va mettre en difficulté plusieurs ménages et ceux qui exercent le commerce.

Le problème est ailleurs. La vraie question est celle des armes. Quand un simple conflit d'accès à l'eau tourne au carnage, c'est que des armes circulent dans les villages. Or l'État le sait.

En novembre 2025, à la suite d'un conflit ayant fait 33 morts pour les mêmes raisons liées à la gestion des puits, la délégation gouvernementale envoyée à Ngoura avait ordonné aux autorités administratives et militaires de désarmer systématiquement les parties en conflit. Des armes blanches avaient été incinérées, et un sous-préfet, un responsable militaire et deux chefs traditionnels avaient été arrêtés. Un an plus tard, les mêmes villages pleurent de nouveau leurs morts. Que reste-t-il de ce désarmement ? Et que dire de la responsabilité de ceux qui devaient prévenir ?

Dans le Salamat, 51 armes de guerre viennent d'être récupérées, le 31 octobre 2026, auprès des communautés d'agriculteurs et d'éleveurs. Cela prouve que c'est possible, à condition de le faire de façon durable.

Reste une force que l'État ne peut pas ignorer, les chefs traditionnels. Ils viennent de clôturer leur forum à Mongo, et c'est le moment de passer des résolutions aux actes. Ce sont eux qui connaissent les puits, les couloirs de passage et les rancœurs de chaque village. Ce sont eux que les communautés écoutent quand les armes sont déjà sorties. Leur rôle ne peut plus se limiter à des déclarations. Ils doivent s'impliquer activement, désamorcer les tensions avant qu'elles ne dégénèrent, aider au désarmement et accompagner la réconciliation sur le terrain.