Le ministre a donné le dernier point : 18 morts, 353 cas confirmés et 6 275 cas suspects. Le 26 octobre, le bilan officiel faisait état de 14 décès et de 4 600 cas suspects. Le nombre de cas confirmés, lui, n'a pas bougé.
Mais ces chiffres ne disent pas tout. Le ministre l'a reconnu devant les élus. Il y a, selon lui, beaucoup de décès dans les communautés. Il a toutefois précisé que ces morts, constatées dans la ville de N'Djaména, ne sont pas enregistrées dans les services de santé, et qu'il serait donc imprudent de les attribuer à la dengue sans confirmation médicale. Le bilan officiel reste ainsi à 18, alors que les inhumations se multiplient dans la capitale.
Sur le plan médical, le ministre a rappelé que la dengue n'a pas de traitement spécifique. Les soins sont symptomatiques, et il n'existe pas de vaccin homologué pour les campagnes de masse. Des vaccins existent, notamment en France, et on pourrait en commander pour une campagne de grande ampleur. Mais le coût serait extrêmement élevé, a-t-il expliqué.
Il a aussi évoqué l'origine de l'épidémie. Comme c'est une maladie qui voyage, ce sont, selon lui, les transporteurs qui l'ont amenée jusqu'ici. Cela fait écho à l'une des mesures annoncées lundi par le Premier ministre : la désinsectisation des avions et des transports collectifs.
Dans les rangs des élus, les réactions sont contrastées, entre appel à la démission, encouragement et proposition. Plusieurs ont salué les efforts du ministère et demandé de plus grands moyens pour faire face à l'épidémie. D'autres ont rappelé que la riposte suppose que les communautés respectent strictement les mesures de prévention, et ont conseillé de poursuivre la sensibilisation et l'engagement communautaire. Certains ont réclamé davantage d'équipements médico-techniques et la construction de nouvelles infrastructures pour améliorer l'offre de soins.
Le ministre a assuré que toutes les dispositions sont prises par le Gouvernement pour circonscrire l'épidémie. Il a demandé aux députés de relayer le message de prévention dans leurs circonscriptions.
Entre des chiffres officiels qui montent et un terrain où l'on dit que les tests manquent, la bataille contre la dengue ne se joue plus seulement dans les hôpitaux. Elle dépend désormais de la capacité du Gouvernement à transformer les annonces en réalité, pour que la gratuité soit effective partout, et que les propositions entendues à l'Assemblée sortent de l'hémicycle.