La rencontre réunit les membres du gouvernement, des experts, des personnes ressources et les points focaux des différents départements ministériels. Elle vise à examiner les réalisations enregistrées au cours de cette deuxième année, à évaluer le niveau d'exécution des engagements présidentiels et à identifier les ajustements nécessaires pour améliorer l'action gouvernementale.
Mais au-delà des réalisations, ce bilan intervient dans un contexte où plusieurs difficultés de fonctionnement ont été publiquement soulevées au sein même du gouvernement. Des prises de parole parfois contradictoires de certains ministres ont entretenu des incompréhensions dans la communication officielle. À cela s'ajoutent les préoccupations liées à l'exécution du budget et à la disponibilité des ressources dans certains départements.
En juin dernier, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoul, avait notamment dénoncé devant le Sénat les difficultés de son département à obtenir les crédits inscrits dans la loi de finances 2026. « Le jour où la loi des finances sera au-dessus du ministre des Finances, la transparence budgétaire deviendra une réalité », avait-il déclaré. Quelques jours plus tard, le ministre de l'Aménagement du territoire, Alsilek Halata, exprimait également ses préoccupations sur les moyens financiers de son département.
Ces différentes sorties soulèvent des interrogations sur la coordination de l'action gouvernementale et les conditions réelles d'exécution des politiques publiques. Car au-delà des engagements annoncés, leur concrétisation dépend aussi des moyens mobilisés et de la capacité des différents départements à travailler de manière cohérente.
Le bilan annuel est avant tout un exercice de redevabilité. Sa portée dépendra toutefois de la transparence des résultats présentés, c'est-à-dire des indicateurs précis, des réalisations chiffrées, une identification claire des retards et un calendrier pour corriger les insuffisances.
Le Premier ministre lui-même appelle à relever les insuffisances. Reste à savoir si le bilan, une fois validé, sera rendu public et si les citoyens pourront réellement mesurer les résultats de ce programme dans leur quotidien.