Limane Mahamat, vice-premier ministre, en lançant les travaux a dressé un constat préoccupant. Il estime qu'aucune province du pays n’est totalement épargnée par les conflits communautaires, fonciers et agropastoraux. Des différends autrefois réglés par la médiation traditionnelle dégénèrent désormais en affrontements meurtriers, entraînant des pertes en vies humaines et des destructions de biens.
Parmi les principales causes évoquées figurent la pression sur les ressources naturelles, accentuée par le changement climatique et la croissance démographique, les litiges fonciers liés à la coexistence du droit coutumier et du droit moderne, la circulation illicite des armes et les mouvements de réfugiés. Les insuffisances de la gouvernance locale et l’instrumentalisation des appartenances ethniques et confessionnelles ont également été pointées.
Face à cette situation, le Gouvernement entend renforcer le rôle des autorités traditionnelles, considérées comme des acteurs essentiels de la médiation et de la prévention des conflits.
La responsabilité des autorités traditionnelles engagée
Le Vice-Premier ministre a également dénoncé l’absence de certains chefs traditionnels de leur circonscription d’exercice. Il a rappelé que la chefferie ne saurait être un simple titre honorifique et annoncé que les absences irrégulières pourraient conduire au remplacement des responsables concernés, selon la procédure prévue.
La gestion de la transhumance figure aussi parmi les priorités. Le Gouvernement exige l’application stricte de la circulaire n° 007 du 28 septembre 2026, notamment le respect du calendrier et des couloirs de transhumance, l’arrêt des troupeaux arrivant prématurément et la réactivation des comités mixtes de prévention des conflits.
Au terme des assises, il est attendu une feuille de route nationale de prévention des conflits, un mécanisme opérationnel d’alerte précoce, une charte d’éthique et de bonne conduite des autorités traditionnelles, un engagement des chefs en faveur de la paix, un cadre permanent de dialogue entre le Haut Conseil des chefferies traditionnelles et le Gouvernement, ainsi qu’une base de données des médiations et des bonnes pratiques locales.
Au-delà des recommandations, les autorités attendent des mesures concrètes sur le terrain. Pour le Gouvernement, l’efficacité du forum se jugera à sa capacité à faire reculer les conflits et à consolider durablement la paix dans les cantons, les villages et les zones de transhumance.