Premier point, souvent mélangé, la Toussaint n'est pas la fête des morts. Son nom vient de « tous les saints ». Ce jour-là, l'Église catholique honore l'ensemble des saints, ceux que l'on connaît et ceux dont personne ne se souvient. Des hommes et des femmes qui, pour les chrétiens, sont auprès de Dieu.
Les défunts, eux, ont leur journée : le lendemain, le 2 novembre. Deux dates, mais avec des intentions différentes. Le 1er novembre, on célèbre les saints. Le 2 novembre, on prie pour tous les disparus. Dans la pratique, les deux se confondent, et c'est souvent le 1er qu'on va au cimetière.
Comment tout cela a commencé
L'histoire remonte aux premiers siècles du christianisme. Les chrétiens honoraient d'abord les martyrs, ceux qui avaient donné leur vie pour leur foi. Vite, ils furent trop nombreux pour qu'on leur dédie un jour chacun. À Rome, vers 609, le pape Boniface IV transforme le Panthéon en lieu de prière pour les martyrs. Puis, au VIIIe siècle, le pape Grégoire III consacre une chapelle de la basilique Saint-Pierre à tous les saints et fixe leur fête au 1er novembre. Peu à peu, la date s'étend à toute l'Église d'Occident.
Pour la deuxième date, il faut aller en France, à l'abbaye de Cluny. En l'an 998, l'abbé Odilon demande aux monastères sous son autorité de consacrer le 2 novembre à la prière pour tous les défunts. L'idée plaît, alors elle se répand dans le monde chrétien et s'installe durablement.
Depuis, le geste est resté. On se rend sur les tombes, on se souvient, on prie, ou simplement on se recueille. Pour beaucoup, la Toussaint est surtout un rendez-vous avec la mémoire : celle de ceux qui nous ont précédés et qui, d'une certaine manière, continuent de compter.